Les citernes de la base en IRM : comment les repérer vous-même
Antoine Di Amarada
Votre compte-rendu d’IRM évoque les citernes de la base en IRM, et ces mots ne vous disent peut-être rien. Une fois l’image ouverte, ces espaces restent difficiles à repérer sans méthode.
Voici comment les suivre pas à pas, avec des repères simples.
Citernes de la base du cerveau en IRM, des espaces de LCS continus
Définition et limites
Les citernes de la base sont des élargissements de l’espace sous-arachnoïdien. Cet espace se trouve entre l’arachnoïde et la pie-mère. Vous y trouvez du liquide cérébrospinal (LCS), aussi appelé liquide céphalorachidien. On y trouve aussi des artères, des veines et des nerfs crâniens.
Autour de la base du cerveau, on distingue plusieurs citernes :
les citernes carotidiennes, de part et d’autre de la citerne suprasellaire, autour de la portion intracrânienne de l’artère carotide interne
les citernes ambiantes, sur les côtés du mésencéphale
la citerne quadrigéminale, en arrière du mésencéphale
la citerne prépontique, devant le pont
les citernes de l’angle ponto-cérébelleux, entre le pont et le cervelet
La majeure partie du LCS est produite par les plexus choroïdes des ventricules latéraux.
Il descend des ventricules latéraux vers le troisième ventricule. Puis il gagne le quatrième par l’aqueduc cérébral. Depuis là, il rejoint l’espace sous-arachnoïdien. Il passe par le foramen médian de Magendie et les deux foramens latéraux de Luschka.
Une fois sorti du quatrième ventricule, le LCS gagne les citernes de la fosse postérieure, puis remonte vers les citernes interpédonculaires, suprasellaires et ambiantes.
Ce trajet n’a rien d’un tuyau droit. Les membranes arachnoïdiennes découpent les communications entre les citernes. La membrane de Liliequist en est un exemple. Le LCS peut passer de la citerne interpédonculaire vers la citerne suprasellaire. Il peut aussi contourner le mésencéphale par les citernes ambiantes.
Les citernes suprasellaires et mésencéphaliques entourent des repères vasculaires
Région suprasellaire et interpédonculaire
La citerne suprasellaire se situe entre la selle turcique et l’hypothalamus, au voisinage du chiasma optique.
Sur une coupe sagittale médiane, repérez d’abord la selle turcique et l’hypophyse. La citerne suprasellaire se trouve juste au-dessus de la selle. Elle entoure la tige pituitaire et le chiasma optique, sous l’hypothalamus.
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Juste en arrière, la citerne interpédonculaire occupe l’espace entre les deux pédoncules cérébraux. Elle contient trois éléments : la bifurcation de l’artère basilaire, les segments proximaux des artères cérébrales postérieures et le nerf oculomoteur.
La membrane de Liliequist sépare parfois ces deux citernes. Cette séparation reste souvent incomplète. Elle est aussi difficile à voir sur une IRM standard, car les membranes arachnoïdiennes sont très fines.
Les citernes ambiantes encadrent les faces latérales du mésencéphale. Placez le mésencéphale au centre de l’image. Suivez ensuite les espaces de LCS entre ses pédoncules et les lobes temporaux.
Ces citernes abritent quatre structures :
l’artère cérébrale postérieure
l’artère cérébelleuse supérieure
la veine basale de Rosenthal
le nerf trochléaire
Les citernes de la fosse postérieure longent le tronc cérébral
Citernes en avant et sur les côtés du tronc cérébral
La citerne prépontique se trouve devant le pont, entre celui-ci et le clivus. Elle contient l’artère basilaire. Le nerf abducens la traverse avant de rejoindre le sinus caverneux.
Les citernes de l’angle ponto-cérébelleux sont paires. Elles se logent sur les côtés du pont, entre le tronc cérébral et les hémisphères cérébelleux. Elles abritent les nerfs trijumeau, facial et vestibulocochléaire, ainsi que l’artère cérébelleuse antéro-inférieure.
Pour les repérer en IRM, commencez par le quatrième ventricule, puis repérez le pont. Les citernes de l’angle ponto-cérébelleux se trouvent sur ses côtés, entre le tronc cérébral et les hémisphères cérébelleux.
Citernes postérieures et latérales
Les citernes cérébello-médullaires latérales se trouvent de chaque côté du bulbe. Elles sont placées entre le bulbe et les hémisphères cérébelleux. Elles prolongent les espaces de la fosse postérieure vers le foramen magnum.
Le LCR rejoint notamment la citerne magna depuis le quatrième ventricule par le foramen médian de Magendie.
La citerne cérébello-médullaire médiane, ou citerne magna, se situe en arrière du bulbe et sous le cervelet. C’est la plus grande citerne sous-arachnoïdienne. Le LCS y arrive notamment par le foramen médian de Magendie.
Les séquences et les plans IRM aident à suivre les citernes de la base
Séquences et aspect du LCS
En T2, le LCR apparaît clair, ce qui facilite le suivi des espaces sous-arachnoïdiens autour du tronc cérébral.
En IRM, le LCS apparaît sombre sur les séquences T1 et clair sur les séquences T2. Les séquences T2 sont les plus pratiques pour suivre les citernes de la fosse postérieure, autour du tronc cérébral et du cervelet.
Sur la séquence FLAIR, le signal du LCS est normalement annulé : les citernes deviennent sombres, comme les ventricules. Un hypersignal inhabituel dans ces espaces doit alerter. Il peut traduire du sang, une inflammation ou une forte concentration en protéines.
Repères anatomiques et lecture des images
Commencez par une coupe sagittale. Repérez le troisième ventricule, l’aqueduc cérébral, le quatrième ventricule, le pont, le bulbe et le cervelet. Cette vue donne déjà la hauteur de chaque citerne.
Passez ensuite aux coupes axiales et gardez une méthode régulière. Repérez, dans l’ordre :
au niveau suprasellaire : le chiasma optique, la tige pituitaire et les artères du polygone de Willis ;
au niveau mésencéphalique : les pédoncules cérébraux, puis les citernes interpédonculaire, crurales et ambiantes.
Une citerne peut être comprimée par un effet de masse ou une hausse de la pression intracrânienne. À l’inverse, son élargissement peut accompagner une atrophie cérébrale ou une simple variante anatomique. Un élargissement isolé ne suffit donc pas à conclure : examinez aussi les ventricules et le cervelet.
Repérer les citernes sur une image demande de la méthode, mais cela ne remplace pas un avis médical. Si vous remarquez un hypersignal inhabituel dans ces espaces, ne vous en tenez pas à votre propre lecture : demandez au radiologue qui a réalisé l’examen de vous expliquer ce qu’il voit.
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