à retenir de cet article
La spasmophilie, trouble d’hyperexcitabilité neuromusculaire, touche principalement les femmes et nécessite une supplémentation magnésienne.
- Symptômes variés : crises de tétanie avec « mains d’accoucheur », tremblements, lipothymies et hyperventilation chez les femmes de 30-35 ans
- Carence magnésienne centrale : hypomagnésémie érythrocytaire dans 72% des cas, justifiant l’administration de sels de magnésium comme traitement de référence
- Cercle vicieux : stress → hyperventilation → alcalose respiratoire → tétanie musculaire → anxiété accrue, amplifié par la carence en magnésium
- Traitement naturel global : glycinate de magnésium, techniques respiratoires, relaxation et thérapies comportementales pour une efficacité optimale
Vous avez déjà entendu parler de la spasmophilie ? Cette affection, qui touche principalement les femmes jeunes, se manifeste par une série de symptômes parfois déroutants. Je vous propose d’visiter ensemble ce trouble méconnu et de comprendre comment le magnésium et spasmophilie sont intimement liés.
La spasmophilie, également appelée tétanie chronique constitutionnelle, désigne un état d’hyperexcitabilité neuromusculaire. Contrairement à d’autres pathologies, elle reste davantage reconnue en France qu’à l’étranger. Dans les années 1970-1980, elle concernait environ une femme sur dix, affectant 5 à 10% de la population générale.
Qu’est-ce que la spasmophilie et comment se manifeste-t-elle ?
La spasmophilie se caractérise par une diversité impressionnante de symptômes. Un patient présente habituellement entre 10 et 12 manifestations différentes, ce qui rend parfois le diagnostic complexe. Vous reconnaîtrez peut-être certains de ces signes :
- Crises de tétanie affectant principalement les membres supérieurs avec fourmillements et paresthésies
- Contractions caractéristiques des mains en « mains d’accoucheur »
- Lipothymies accompagnées de sensations vertigineuses
- Tremblements généralisés associés à une forte anxiété
- Sensation persistante de tremblement des paupières ou des lèvres
- Impression de marcher sur un tapis épais
Les manifestations physiques comprennent également une respiration ample avec hyperventilation, des palpitations cardiaques, une oppression thoracique et des contractures généralisées. Ces symptômes surgissent généralement sous forme de crises déclenchées par un choc émotionnel, un stress intense ou un état de surmenage.
« La spasmophilie représente un véritable défi diagnostique en raison de la multiplicité de ses manifestations. Il faut savoir écouter le patient et ne pas minimiser ses symptômes. » – Dr Damien Polet
Le profil type correspond à une femme âgée de 30 à 35 ans, avec un ratio de 3 femmes pour 1 homme. Certaines professions semblaient plus touchées, notamment les enseignants, les infirmières et les employés. Une recrudescence des crises était observée avant les règles chez 50% des patientes, ainsi qu’à l’automne et en fin d’hiver.
Le rôle central du magnésium dans la spasmophilie
Parmi les trois théories médicales principales expliquant la spasmophilie, celle du trouble du métabolisme magnésien occupe une place prépondérante. Cette hypothèse repose sur l’observation fréquente d’une hypomagnésémie érythrocytaire chez les patients concernés.
Une étude particulièrement éclairante a démontré un lien entre la positivité de l’électromyographie et la carence en magnésium dans 72% des cas de spasmophilie. Cette découverte justifie pleinement l’administration thérapeutique de sels de magnésium comme traitement de référence.
| Type de magnésium | Biodisponibilité | Indication privilégiée |
|---|---|---|
| Glycinate de magnésium | Excellente | Troubles neuromusculaires |
| Thréonate de magnésium | Bonne (cérébrale) | Anxiété, système nerveux |
| Citrate de magnésium | Modérée | Usage général |
Le mécanisme d’action du magnésium s’explique par sa capacité à moduler la transmission calcique. Une carence modifie l’entrée de calcium dans la cellule et facilite la dépolarisation, créant cette hyperexcitabilité caractéristique de la spasmophilie.
« Le magnésium agit comme un véritable stabilisateur du système nerveux. Sa carence crée un terrain favorable à l’hyperexcitabilité neuromusculaire. » – Dr Damien Polet
La carence magnésienne se trouve favorisée par plusieurs facteurs : le stress chronique, les régimes amaigrissants restrictifs, certains traitements diuretiques, le diabète, la grossesse et l’allaitement. L’abus de boissons alcoolisées, de café ou de thé contribue également à l’appauvrissement de nos réserves magnésiennes. Chez l’enfant, cette problématique peut aussi se poser, comme nous l’expliquons dans notre article sur le magnésium chez l’enfant de 4 ans.
Mécanismes physiopathologiques et traitements naturels
La crise de spasmophilie s’amorce généralement par un syndrome d’hyperventilation. Les patients respirent plus rapidement, parfois inconsciemment, entraînant une chute brutale du taux de CO2 sanguin. Cette alcalose respiratoire induit une vasoconstriction artérielle et une hyperexcitabilité neuronale et musculaire.
Le risque réside dans l’installation d’un cercle vicieux redoutable : le stress provoque l’hyperventilation responsable de la tétanie musculaire, qui amplifie l’angoisse, accentuant davantage l’hyperventilation. Une hypomagnésémie légère abaisse le seuil d’excitabilité neuromusculaire, la diminution du calcium ionisé renforçant la tétanie périphérique.
En phase aiguë, plusieurs mesures s’avèrent efficaces :
- Techniques respiratoires : respiration dans un sac en papier, cohérence cardiaque
- Approches de relaxation : techniques d’ancrage par la pleine conscience, auto-hypnose
- Supplémentation magnésienne : privilégier le glycinate ou le thréonate de magnésium
- Anxiolytiques ponctuels : benzodiazépines en dernier recours
Les approches thérapeutiques complémentaires incluent les thérapies comportementales et cognitives qui ciblent les pensées catastrophiques et l’hypervigilance corporelle. Les techniques de relaxation comme la méditation et le yoga ont prouvé leur efficacité dans la gestion du stress, réduisant significativement les niveaux de cortisol selon plusieurs études publiées sur PubMed.
« L’approche thérapeutique doit être globale, combinant supplémentation magnésienne et techniques de gestion du stress pour une efficacité optimale. » – Dr Damien Polet
L’activité physique régulière constitue un pilier thérapeutique majeur en améliorant la santé métabolique et cérébrale. Pour une approche encore plus complète, vous pourriez vous intéresser à la combinaison ashwagandha et magnésium qui s’avère particulièrement efficace pour le sommeil et la gestion du stress.
Évolution actuelle et perspectives thérapeutiques
Aujourd’hui, la spasmophilie a quasi-disparu du discours médical contemporain. Cette évolution s’explique probablement par la prépondérance progressive de la théorie « nerveuse » et l’arrivée des benzodiazépines dans les années 1970, mieux tolérées que les anciens sédatifs.
La classification actuelle rattache la spasmophilie aux troubles paniques, la considérant comme une manifestation nerveuse du trouble panique décrit dans le DSM V. Cette approche psychiatrique moderne tend à minimiser l’importance du facteur métabolique, notamment la carence magnésienne.
D’un autre côté, cette vision réductrice pose question. L’efficacité persistante de la supplémentation en magnésium chez de nombreux patients suggère que le trouble métabolique reste une composante essentielle. Le glycinate de magnésium, complexe organique de troisième génération, présente une meilleure biodisponibilité que les formes traditionnelles.

Les mesures préventives demeurent fondamentales : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, la supplémentation en calcium et magnésium selon les besoins individuels. L’évitement des facteurs de stress et l’apprentissage de techniques de gestion émotionnelle (sophrologie, yoga, méditation) constituent des piliers préventifs incontournables.
Les plantes médicinales comme la valériane, la mélisse, la camomille et la passiflore possèdent des propriétés antioxydantes et anxiolytiques reconnues, agissant en augmentant le niveau de GABA cérébral. Ces approches naturelles complètent efficacement la supplémentation magnésienne dans une démarche thérapeutique globale.
Cette compréhension moderne de la spasmophilie nous invite à adopter une approche intégrée, reconnaissant à la fois les dimensions métaboliques, neurologiques et psychologiques de cette affection complexe mais parfaitement traitable.
Références scientifiques :
– Durlach, J. (1987). Magnesium and tetany. Magnesium Research, 1(1), 43-49.
– Seelig, M. S. (1994). Consequences of magnesium deficiency on the enhancement of stress reactions. Journal of the American College of Nutrition, 13(5), 429-446.
– Grober, U., Schmidt, J., & Kisters, K. (2015). Magnesium in prevention and therapy. Nutrients, 7(9), 8199-8226.
– Pickering, G., et al. (2020). Magnesium status and stress : The vicious circle concept revisited. Nutrients, 12(12), 3672.



