Vous penchez la tête en avant et une décharge file de la nuque vers le dos. Le signe de Lhermitte, en IRM, pose une question : que montre-t-elle ?
Voici ce que l’IRM peut montrer, et ce qu’elle ne dit pas seule.
Quand faut-il consulter ?
Une décharge électrique qui part de la nuque et descend dans le dos mérite une consultation rapide. C’est vrai surtout si elle s’accompagne d’une faiblesse ou de troubles de la marche. Un engourdissement qui ne passe pas, ou des difficultés à uriner, sont aussi des signes à ne pas laisser traîner.
Ça devient urgent quand les symptômes arrivent brutalement. Ça l’est aussi s’ils s’aggravent en quelques heures, ou s’ils suivent un traumatisme du cou. Dans ce cas, il faut rechercher sans attendre une compression de la moelle épinière.
Si le phénomène revient, même pour quelques secondes, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant. Il vous examinera et cherchera d’autres signes neurologiques. Si c’est nécessaire, il vous orientera vers un neurologue ou vers une IRM.
Avant la consultation, notez les signes qui vont avec. Il peut s’agir de troubles de l’équilibre, d’une baisse de vision, d’une faiblesse ou d’un problème urinaire. Précisez aussi le contexte : infection récente, chute, traitement anticancéreux ou radiothérapie. Ces détails aident beaucoup le médecin.
Une décharge isolée ne suffit pas à conclure à une sclérose en plaques. Le signe de Lhermitte oriente l’examen. Il peut aussi avoir une origine mécanique, inflammatoire, toxique ou carentielle.
Qu’est-ce que le signe de Lhermitte ?
Manifestations du signe
Le signe de Lhermitte, c’est une sensation brève de décharge électrique qui part de la nuque et descend le long de la colonne. Parfois, elle gagne le tronc, les bras ou les jambes.
Il survient surtout quand vous penchez la tête vers l’avant. Une toux, un éternuement ou certains mouvements du cou peuvent aussi le déclencher.
On le décrit souvent comme un éclair douloureux dans le dos, ou comme une vibration ou une brûlure très brève.
Pendant l’examen, le professionnel peut le rechercher. Il vous demande de fléchir doucement le cou. Inutile de multiplier vous-même les mouvements qui déclenchent la décharge.
Interprétation clinique
Le signe oriente vers une irritation ou une lésion des voies sensitives. Ces voies se situent dans la partie haute de la moelle cervicale. Elles transportent les informations sur le toucher fin et la position du corps.
Dans la sclérose en plaques, une lésion inflammatoire rend ces fibres plus sensibles. Cela arrive quand la moelle s’étire à cause de la flexion du cou. Le cerveau reçoit alors un message anormal, ressenti comme une décharge.
« Signe positif » veut seulement dire que la flexion du cou déclenche la sensation caractéristique. Cela ne signifie pas forcément que vous avez une sclérose en plaques. Cela ne veut pas dire non plus que l’IRM montrera une lésion.
Le médecin interprète le signe. Il tient compte de la durée et de l’évolution des symptômes. Il regarde aussi les résultats de l’examen neurologique.
Pourquoi survient-il, et quelles autres causes sont possibles ?
Causes neurologiques
La sclérose en plaques reste la cause la plus connue. Cette maladie inflammatoire attaque la myéline. Cette gaine facilite la transmission des messages nerveux dans le cerveau et la moelle épinière.
Le signe peut apparaître pendant une poussée. Il peut aussi persister ou revenir en dehors d’une poussée. Sa seule présence ne dit donc pas grand-chose de l’activité actuelle de la maladie.
D’autres affections peuvent toucher la moelle cervicale. La myélite transverse est une inflammation d’une partie de la moelle. La syringomyélie se caractérise par une cavité dans la moelle.
Autres causes
Le signe peut aussi suivre d’autres situations :
- un traumatisme du cou, parfois plusieurs mois après l’accident
- une carence importante en vitamine B12, qui peut abîmer les cordons postérieurs de la moelle
- une atteinte médullaire après radiothérapie
- une toxicité de certains médicaments de chimiothérapie
La cause dépend donc du contexte. Une décharge déclenchée par le cou, avec une douleur locale et une irradiation dans un seul bras, peut orienter vers une racine nerveuse cervicale. Une irradiation dans le dos et les jambes évoque plutôt une atteinte de la moelle.
Quels symptômes peuvent accompagner le signe ?
Le signe de Lhermitte peut rester isolé. Mais il prend tout son sens avec d’autres symptômes neurologiques. Vous pouvez donc le replacer dans un ensemble.
Les troubles sensitifs sont fréquents :
- Fourmillements ou picotements.
- Engourdissement d’un membre, du visage ou du tronc.
- Sensation de brûlure, de froid ou de ruissellement.
- Douleur électrique ou impression d’étau.
- Diminution de la sensibilité au toucher.
Des vertiges peuvent aussi survenir. Vous pouvez aussi ressentir une sensation d’instabilité. Des troubles urinaires ou sexuels sont possibles au cours de la maladie.
Que peut montrer l’IRM cérébrale ou médullaire ?
IRM et lésions de sclérose en plaques
L’IRM, ou imagerie par résonance magnétique, produit des images détaillées sans rayons X. Elle peut révéler des lésions liées à une inflammation ou à une perte de myéline.
Une IRM cérébrale peut montrer :
- Des lésions en hypersignal sur les séquences T2 ou FLAIR.
- Des lésions périventriculaires, autour des cavités du cerveau.
- Des lésions sous-tentorielles, dans le tronc cérébral ou le cervelet.
- Des lésions qui prennent le gadolinium, signe d’une activité inflammatoire récente.
L’IRM cérébrale est très sensible pour repérer des anomalies compatibles avec une sclérose en plaques, mais elle reste peu spécifique. Les migraines, le vieillissement, des problèmes vasculaires ou d’autres maladies peuvent produire des images qui demandent une lecture spécialisée.
IRM de la moelle cervicale
L’IRM médullaire examine la moelle épinière, notamment dans la région du cou. Elle devient importante quand les symptômes évoquent une atteinte médullaire, comme un signe de Lhermitte, une faiblesse des jambes ou un trouble de la sensibilité sous un certain niveau.
L’examen peut aussi chercher une autre explication :
- Une hernie discale qui comprime la moelle.
- Un rétrécissement du canal cervical.
- Une inflammation étendue de la moelle.
- Une tumeur ou une autre masse.
Une IRM normale ne suffit pas toujours à écarter une maladie neurologique. Le résultat dépend du moment de l’examen, des séquences utilisées, de la zone étudiée et de l’évolution des symptômes. Le neurologue rapproche donc toujours les images de l’examen clinique.
Comment le diagnostic est-il établi ?
Établir le diagnostic
Le diagnostic de sclérose en plaques repose sur un ensemble d’éléments cliniques, radiologiques et parfois biologiques. Aucun symptôme pris seul ne suffit à le poser, le signe de Lhermitte compris.
La consultation comprend en général :
- Un récit précis des symptômes et de leur évolution.
- Un examen de la force et des réflexes.
- Un examen de l’équilibre et de la marche.
- L’analyse des antécédents et des traitements.
Une première manifestation neurologique peut correspondre à un syndrome clinique isolé. Le médecin peut alors proposer une surveillance. Il peut aussi demander une nouvelle IRM ou d’autres examens avant de retenir le diagnostic.
Il faut aussi écarter d’autres maladies aux symptômes ou aux images proches. Le médecin peut rechercher une carence en vitamine B12, une infection, une maladie inflammatoire, une compression médullaire ou une neuromyélite optique.
Examens complémentaires
L’IRM cérébrale reste l’examen de référence pour repérer des lésions compatibles avec la sclérose en plaques. Une IRM de la moelle complète ce bilan si les symptômes évoquent une atteinte cervicale.
Le bilan peut inclure une IRM de contrôle, pour voir l’apparition de nouvelles lésions. Des analyses spécifiques sont faites si le tableau évoque une neuromyélite optique ou une maladie liée aux anticorps anti-MOG.
L’IRM ne sert pas à confirmer le signe de Lhermitte. L’IRM cérébrale repère des lésions compatibles avec la sclérose en plaques. Une IRM de la moelle complète le bilan si vos symptômes évoquent une atteinte cervicale.
Comment la sclérose en plaques est-elle prise en charge ?
Prise en charge de la sclérose en plaques
La prise en charge dépend de la forme de la maladie. Elle tient compte de la fréquence des poussées, des lésions visibles à l’IRM et de leur effet sur la vie quotidienne. Elle associe souvent neurologue, médecin traitant, infirmier, kinésithérapeute et spécialiste de médecine physique et de réadaptation.
Trois grands types de traitements peuvent être proposés :
- Le traitement des poussées : des corticoïdes à forte dose peuvent raccourcir une poussée assez gênante et en atténuer l’intensité.
- Les traitements de fond, qui diminuent l’activité inflammatoire et le risque de nouvelles poussées chez certaines personnes.
- Les traitements symptomatiques, qui visent la douleur, la fatigue, la spasticité, les troubles urinaires ou les difficultés de marche.

Une rééducation personnalisée peut améliorer la marche, l’équilibre, la force, la coordination et l’autonomie. Kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie ou activité physique adaptée se choisissent selon les difficultés rencontrées.
Les douleurs électriques répétées, dont le signe de Lhermitte, peuvent parfois bénéficier d’un traitement des douleurs neuropathiques. Le médecin choisit le médicament. Son choix dépend de la fréquence des épisodes, de leur intensité et des autres traitements déjà pris.
Accompagnement au quotidien
Quelques réflexes peuvent vous aider à suivre l’évolution :
- Notez la date, la durée et le déclencheur de chaque épisode.
- Signalez toute faiblesse, tout trouble de la marche ou toute difficulté urinaire nouvelle.
- Parlez d’un projet de grossesse avant toute modification de traitement.
Une IRM ne tranche pas à elle seule. Elle prend son sens quand le neurologue la rapproche de ce que vous ressentez et de l’examen clinique. C’est cet ensemble qui permet de comprendre d’où vient votre décharge.




