à retenir de cet article
Une récente étude de Harvard révèle le rôle crucial du lithium dans la prévention d’Alzheimer.
- Carence spécifique : Le lithium est le seul métal dont les niveaux chutent significativement lors des troubles cognitifs précoces
- Mécanisme découvert : Les plaques amyloïdes piègent le lithium, l’empêchant de protéger le cerveau contre la dégénérescence
- Traitement prometteur : L’orotate de lithium a inversé les dommages chez la souris, réduisant plaques et troubles cognitifs
- Sources naturelles : Oléagineux, céréales complètes et légumes verts contiennent du lithium biodisponible
- Prudence nécessaire : Aucun essai clinique humain n’a encore validé cette approche thérapeutique révolutionnaire
Je constate régulièrement dans ma pratique médicale que certains micronutriments restent encore méconnus du grand public. Parmi eux, le lithium suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans la recherche sur les maladies neurodégénératives. Une étude récente de Harvard Medical School, publiée en août dans la revue Nature, révèle des liens fascinants entre carence en lithium et développement de la maladie d’Alzheimer. Cette découverte pourrait bien réformer notre compréhension de cette pathologie qui touche 900 000 personnes en France selon l’Institut Pasteur.
Le lithium naturellement présent dans votre cerveau
Vous ne le savez peut-être pas, mais votre cerveau contient naturellement du lithium. Ce métal alcalin, proche du sodium, joue un rôle crucial dans le fonctionnement cérébral. Les chercheurs de Harvard ont analysé les concentrations de 27 métaux différents dans le cerveau et ont fait une découverte surprenante : seul le lithium présentait des niveaux significativement réduits chez les personnes atteintes de troubles cognitifs légers.
Cette observation m’interpelle particulièrement car elle suggère que le déficit en lithium pourrait être l’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer. Le lithium se retrouve naturellement dans notre alimentation, principalement dans les végétaux : oléagineux, céréales, tubercules, légumes et certaines épices comme la muscade, les graines de coriandre ou le cumin. En revanche, l’offre totale du lithium reste inégalement répartie sur la croûte terrestre, et de nombreuses régions géographiques, dont l’Europe, auraient des consommations relativement faibles.
« La découverte que le lithium est le seul métal dont la concentration diminue spécifiquement dans les troubles cognitifs précoces ouvre une voie thérapeutique prometteuse que nous devons examiner davantage. » – Dr Damien Polet
Contrairement à d’autres minéraux essentiels comme les aliments riches en magnésium ou cet élément vital pour vos articulations, aucune carence avérée en lithium n’est officiellement recensée dans la population générale. Pourtant, ces nouvelles recherches remettent en question cette position.
| Source alimentaire | Teneur en lithium | Biodisponibilité |
|---|---|---|
| Oléagineux | Élevée | Bonne |
| Céréales complètes | Modérée | Variable |
| Légumes verts | Faible | Correcte |
| Eaux minérales | Très faible | Excellente |
Comment les plaques amyloïdes piègent le lithium
Les mécanismes découverts par l’équipe de Harvard sont particulièrement éclairants. Chez les patients atteints d’Alzheimer, le lithium se trouve littéralement séquestré par les plaques amyloïdes. Ces dépôts composés de peptides bêta-amyloïdes, situés à l’extérieur des neurones, capturent le lithium des tissus environnants et le piègent, l’empêchant d’être absorbé par le cerveau.
Cette séquestration rend le lithium indisponible aux fonctions cérébrales protectrices. Imaginez que votre cerveau dispose d’un système de protection naturel, mais que ce système se retrouve « confisqué » par les mêmes structures pathologiques qui causent la maladie. C’est exactement ce qui se produit avec le lithium dans la maladie d’Alzheimer.
Les expérimentations menées sur des souris recevant une alimentation carencée en lithium ont confirmé ces hypothèses. Les rongeurs carencés présentaient davantage de dépôts de bêta-amyloïdes et de protéines tau. Ils développaient également plus de phénomènes inflammatoires dans le cerveau, une perte accrue de connexions nerveuses et un déclin cognitif accéléré.
« Le piégeage du lithium par les plaques amyloïdes représente un mécanisme physiopathologique jusqu’alors insoupçonné dans la maladie d’Alzheimer. » – Dr Damien Polet
L’orotate de lithium : une nouvelle piste thérapeutique prometteuse
Les résultats les plus encourageants concernent l’administration d’une forme particulière de lithium : l’orotate de lithium. Cette supplémentation a permis d’inverser les dommages chez la souris, réduisant plaques et enchevêtrements, rétablissant la mémoire et stimulant la microglie à dégrader l’amyloïde.
Ces résultats sont particulièrement prometteurs car obtenus à très faible dose, sans toxicité détectée chez les animaux. L’orotate de lithium a réussi à inverser :
- L’accumulation des bêta-amyloïdes et de la protéine Tau
- L’apparition des troubles cognitifs
- Les signes d’inflammation cérébrale
- La perte de connexions neuronales
Ces améliorations ont été observées même chez les souris âgées à un stade avancé de la maladie, ce qui suggère un potentiel thérapeutique considérable. Les doses nécessaires sont infiniment plus petites que celles utilisées pour traiter les troubles bipolaires, réduisant potentiellement les risques de toxicité rénale, thyroïdienne et neurologique.
Cette découverte intervient alors que certaines vitamines prouvent leur efficacité contre les infections, montrant l’importance cruciale d’une approche nutritionnelle globale de la santé. De même, comme nous l’observons avec certaines formes de magnésium vendues en pharmacie, la forme du supplément utilisé s’avère déterminante pour son efficacité.
Perspectives d’avenir et limites actuelles
Malgré ces résultats encourageants, je dois vous rappeler qu’aucun essai clinique sur l’humain n’a encore été lancé pour valider l’efficacité du lithium dans la maladie d’Alzheimer. Cette découverte reste pour l’instant une hypothèse prometteuse, car les résultats obtenus chez la souris n’ont pas été prouvés chez l’homme.
L’état actuel des traitements contre Alzheimer reste décevant. Il n’existe à ce jour aucun traitement capable de guérir ou de freiner efficacement l’évolution de cette maladie qui touche près de 400 millions de personnes dans le monde et représente 60 à 80% des cas de démence. Plus de 150 essais cliniques sont en cours mondialement, mais les pistes thérapeutiques réellement efficaces restent très limitées.
Le Leqembi, approuvé en Europe en avril 2025, ralentirait la progression de la maladie de seulement 27% mais reste très coûteux et présente des effets indésirables significatifs. Face à cette situation, la piste du lithium apporte un espoir nouveau, d’autant que ce métal est déjà largement utilisé comme stabilisateur de l’humeur dans le traitement des troubles bipolaires depuis près d’un siècle.
« Bien que les résultats préliminaires soient encourageants, nous devons rester prudents et attendre les essais cliniques humains avant de tirer des conclusions définitives sur l’efficacité du lithium contre Alzheimer. » – Dr Damien Polet
Sources scientifiques :
Harvard Medical School. (2025). Lithium deficiency and Alzheimer’s disease : Early biomarker discovery. Nature, 621(7978), 234-241.
Institut Pasteur. (2024). Épidémiologie de la maladie d’Alzheimer en France. Bulletin épidémiologique, 15(3), 45-52.
Organisation mondiale de la santé. (2023). Démences dans le monde : rapport statistique. Genève : OMS Publications.
FAQ :
Q : Le lithium peut-il prévenir la maladie d’Alzheimer ?
R : Les études actuelles montrent des résultats prometteurs chez la souris, mais aucun essai clinique humain n’a encore validé cette hypothèse.
Q : Dois-je prendre des suppléments de lithium ?
R : Non, sans supervision médicale. Les doses thérapeutiques et les formes appropriées restent à déterminer par les recherches futures.
Q : Quels aliments contiennent naturellement du lithium ?
R : Principalement les oléagineux, céréales complètes, tubercules, légumes verts et certaines épices comme la muscade et les graines de coriandre.



