Le bulbe olfactif se loge à la base du cerveau, et l’IRM sait le montrer avec précision.
Mais que faut-il regarder sur ces images, et que change vraiment une anomalie de taille ou une absence ? On décortique ça ensemble, coupe par coupe.
IRM du bulbe olfactif, voies et volume visibles
Anatomie des voies olfactives
Vous avez peut-être perdu l’odorat après un gros rhume. Pour comprendre ce que l’IRM peut montrer, suivez le trajet du signal, depuis la muqueuse du nez jusqu’au cerveau.
Ce trajet se fait en trois temps :
- Les molécules odorantes atteignent la partie haute des fosses nasales, où elles stimulent les cellules de l’épithélium olfactif.
- Leurs prolongements forment les filets olfactifs, qui traversent les petits orifices de la lame criblée de l’ethmoïde.
- De l’autre côté de cette fine structure osseuse se trouvent les bulbes olfactifs, deux petites formations posées à la base des lobes frontaux. Ils constituent le premier relais nerveux de l’odorat.
Aspect et évaluation en imagerie
Sur une image normale, les deux bulbes apparaissent comme deux petites structures ovales, à peu près symétriques. Ils sont nichés dans les sillons olfactifs. Le liquide cérébrospinal les entoure, et on les distingue bien sur les séquences T2.
Un bulbe mesure habituellement entre 11 et 15 millimètres de long, pour 4 à 5 millimètres de large. Ce sont des repères, pas des verdicts. Le radiologue tient compte de l’âge, de la symétrie entre les deux côtés et de la qualité des images.
Pour voir ces repères, une vidéo montre des coupes IRM coronales et sagittales. On y repère les bulbes, les sillons et les tractus olfactifs
Les coupes coronales fines organisent l’IRM olfactive
Séquences et coupes

Pourquoi tant insister sur les coupes coronales ? Parce qu’elles traversent les bulbes de face. Vous pouvez ainsi comparer leur taille, leur forme et leur position à droite et à gauche.
Le protocole combine en général des séquences T1 et T2 coronales. Les coupes font 2 millimètres d’épaisseur. Elles sont centrées sur les bulbes, les fentes olfactives et la base antérieure du crâne.
La T2 montre les bulbes baignés dans leur liquide. Elle aide à repérer une modification du signal. La T1 complète l’analyse anatomique. Elle permet aussi de juger les lésions voisines.
Compléments et choix de l’examen
Si le médecin soupçonne une fuite de liquide cérébrospinal, il peut prescrire une séquence T2 tridimensionnelle très fortement pondérée, comme la CISS. Elle montre mieux le passage du liquide à travers la base du crâne.
Des bulbes absents ou petits orientent vers une anomalie congénitale
Anomalies visibles en IRM
Une absence complète des bulbes se voit surtout sur les coupes coronales fines. Les sillons olfactifs apparaissent alors vides. Les tractus peuvent aussi être absents ou très réduits.
L’IRM peut aussi montrer une hypoplasie. Le bulbe est présent, mais anormalement petit. Parfois, un seul côté est touché, parfois les deux. La profondeur est réduite et le sillon olfactif est aplati.

Attention, un bulbe petit ne veut pas dire perte totale d’odorat. Le radiologue compare toujours son observation à vos symptômes, à l’examen ORL et, si besoin, à un test d’identification des odeurs.
Contextes congénitaux
Une origine congénitale est à envisager si vous n’avez jamais vraiment senti les odeurs. Pas de rhinite chronique, de traumatisme ou d’infection pour l’expliquer. L’IRM confirme alors l’aspect anatomique des voies olfactives.
L’anosmie congénitale peut rester isolée. Elle peut aussi faire partie d’un syndrome génétique, comme :
- le syndrome de Kallmann, qui associe une absence ou une forte diminution de l’odorat
- un déficit hormonal responsable d’une puberté absente ou retardée
Une diminution des bulbes accompagne aussi des atteintes acquises
Causes acquises et symptômes
Plusieurs causes acquises peuvent perturber l’odorat :
- Traumatisme crânien : le volume des bulbes peut diminuer alors que les images ne montrent aucune fracture de la lame criblée. Les filets olfactifs ont pu subir un étirement ou un cisaillement.
- Infections virales et expositions toxiques : elles peuvent altérer la fonction olfactive.
- Maladies inflammatoires des sinus et du nez : une sinusite chronique ou une polypose nasale peuvent réduire le volume des bulbes, surtout quand l’obstruction dure.
Après une infection virale, l’IRM peut parfois montrer un œdème des fentes olfactives ou des modifications des bulbes. Mais la persistance des symptômes peut aussi venir d’une atteinte des cellules sensorielles. Une anomalie visible reste souvent limitée.
Indications et parcours de soins
Après une perte brutale dans un contexte infectieux typique, le médecin commence souvent par un examen clinique et une surveillance. Si la perte persiste au-delà de deux mois, un avis ORL, une olfactométrie et une imagerie peuvent être proposés.
Certains signes incitent à consulter plus rapidement :
- une obstruction nasale d’un seul côté ;
- des saignements de nez ;
- des maux de tête inhabituels ;
- des troubles visuels.
Ils peuvent justifier un examen des sinus et de la base du crâne.
Lecture des résultats et suites
L’examen se fait allongé, la tête maintenue dans une antenne. Retirez les objets métalliques. Signalez tout implant, stimulateur ou dispositif médical avant d’entrer dans la salle.
Un bulbe petit ne permet pas de conclure seul à une maladie neurologique. Le radiologue compare les deux côtés. Il tient compte de votre âge, de vos antécédents, de la durée des symptômes et des tests olfactifs.
Selon le résultat, la suite peut comprendre un traitement ORL, une rééducation olfactive, un suivi neurologique, un bilan endocrinologique ou un examen des sinus et de la base du crâne.

Après une perte d’odorat liée à une infection virale, la rééducation olfactive peut commencer tôt. Chaque jour, sentez plusieurs odeurs connues dans un endroit calme. Notez ce que vous percevez et reconnaissez. La régularité fait la différence.
Si votre perte d’odorat dure au-delà de deux mois, n’attendez pas davantage. Prenez rendez-vous avec un ORL, qui décidera avec vous si une olfactométrie et une IRM ont leur place dans votre cas.




