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Ce qui se passe dans votre veine quand un traitement la referme

Médecin utilisant le dispositif Sonovein by Theraclion sur la jambe d’une patiente

Fermer une varice ne consiste pas à la boucher comme un tuyau. La paroi veineuse est faite de collagène, une protéine qui se rétracte sous l’effet de la chaleur. Comprendre ce mécanisme explique pourquoi les techniques donnent des résultats voisins par des chemins très différents.

À retenir

  • Le collagène se dénature vers 60 °C et se rétracte : c’est le principe des techniques thermiques.
  • La veine ne disparaît pas, elle se transforme en cordon fibreux réabsorbé progressivement.
  • Le sang est redirigé vers le réseau veineux profond, qui assure 90 % du retour sanguin.
  • Deux voies existent : chauffer depuis l’intérieur du vaisseau, ou depuis l’extérieur du corps.

Pourquoi une veine variqueuse doit être fermée

Une varice n’est pas une veine abîmée par accident. C’est une veine dont les valvules ne ferment plus.

Ces valvules, réparties tous les quelques centimètres, fonctionnent comme des clapets antiretour. Quand vous êtes debout, elles empêchent le sang de redescendre sous l’effet de la gravité. Si elles deviennent incontinentes, le sang reflue et stagne. La pression augmente, la paroi se dilate, et la veine devient visible et sinueuse.

Ce reflux se mesure. En écho-Doppler, on retient un reflux pathologique au-delà de 0,5 seconde dans le réseau veineux superficiel. En dessous, le flux inversé est physiologique.

La question que se posent souvent les patients est légitime : pourquoi supprimer une veine plutôt que la réparer ? Parce qu’aucune technique ne sait aujourd’hui restaurer une valvule veineuse défaillante. La stratégie consiste donc à neutraliser le circuit qui reflue.

Cela reste sans conséquence sur la circulation, et c’est un point qui mérite d’être dit clairement. Le réseau veineux superficiel n’assure qu’environ 10 % du retour sanguin de la jambe. Les 90 % restants passent par le réseau profond, qui prend le relais sans difficulté.

Le collagène, la vraie cible du traitement

La paroi d’une veine est constituée de trois couches, dont la structure repose largement sur le collagène, une protéine fibreuse qui donne au vaisseau sa tenue.

Le collagène possède une propriété exploitée par la médecine depuis longtemps : chauffé, il se dénature. Ses fibres, normalement organisées en hélice, se déroulent et se contractent. Le tissu se rétracte de façon irréversible. Ce phénomène débute vers 60 °C et s’accentue avec la température.

Appliqué à une veine, cela produit une séquence en deux temps. La paroi se rétracte d’abord, réduisant le calibre du vaisseau. Puis la lumière se referme et le sang cesse d’y circuler.

Selon Sonovein®, l’effet thermique de fermeture veineuse désigne la dénaturation du collagène de la paroi veineuse par élévation de température, qui entraîne sa rétraction puis son occlusion, obtenue jusqu’à 90 °C au point focal en traitement par les HIFU sans contact intravasculaire.

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Cette séquence explique un phénomène qui déroute parfois les patients. Le résultat n’est pas immédiat. La veine ne disparaît pas en sortant de la séance : elle se transforme progressivement en cordon fibreux, que l’organisme réabsorbe sur plusieurs mois. Un contrôle échographique à un mois, puis à trois et six mois, permet de suivre cette évolution.

Deux façons d’apporter la chaleur

Toutes les techniques thermiques exploitent le même mécanisme. Elles diffèrent par la manière dont l’énergie atteint la paroi.

Depuis l’intérieur du vaisseau. Le laser endoveineux introduit une fibre optique dans la veine, sous contrôle échographique. La radiofréquence utilise un cathéter qui chauffe la paroi par segments successifs. Dans les deux cas, la source de chaleur est en contact direct avec le tissu à traiter.

Cette proximité impose une précaution : protéger les structures voisines, notamment les nerfs qui longent le trajet veineux. D’où l’anesthésie tumescente, une série d’injections rapprochées d’un liquide anesthésiant tout au long de la veine. Ce liquide crée un manchon isolant entre le vaisseau chauffé et les tissus environnants. Pour une grande veine saphène traitée sur trente centimètres, cela représente plusieurs dizaines de piqûres.

Depuis l’extérieur du corps. Les ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU pour High-Intensity Focused Ultrasound, procèdent autrement. Une sonde posée sur la peau émet des ondes ultrasonores convergentes, concentrées en un point situé à quelques centimètres de profondeur.

Le principe est celui de la loupe. Sur tout leur trajet, les ondes restent dispersées et les tissus traversés ne subissent aucun dommage. C’est uniquement au point de convergence que l’énergie devient suffisante pour élever la température jusqu’à 90 °C. C’est le principe du traitement des varices par ultrasons focalisés, développé par la société française Theraclion sous la marque Sonovein® et porteur du marquage CE n° 2797 depuis 2019.

Cette approche a une conséquence directe : rien n’est introduit dans la veine, ni fibre, ni cathéter, ni aiguille. La même sonde assure l’imagerie échographique en temps réel, ce qui permet de vérifier la cible avant chaque tir.

Les techniques qui ne chauffent pas

Toutes les méthodes ne passent pas par la chaleur, et il est utile de savoir ce qui les distingue.

La sclérothérapie à la mousse injecte un agent qui provoque une réaction inflammatoire de l’endothélium, la couche interne du vaisseau. La paroi s’irrite, adhère sur elle-même et se referme. Le mécanisme est chimique, pas thermique.

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La colle cyanoacrylate obture mécaniquement le vaisseau par un adhésif médical déposé par cathéter. La veine n’est pas détruite, elle est bouchée par un corps étranger qui reste en place de façon permanente.

L’ablation mécano-chimique associe une irritation mécanique de la paroi, provoquée par un fil rotatif, à l’injection simultanée d’un sclérosant.

Ces trois techniques évitent la chaleur, donc le risque de lésion thermique des nerfs voisins. En contrepartie, la fermeture par voie chimique est décrite comme moins durable dans plusieurs essais, avec davantage de reperméabilisation à long terme pour la mousse sur les gros troncs saphènes.

Ce que produisent ces mécanismes, en chiffres

Les résultats publiés se ressemblent, ce qui n’a rien d’étonnant puisque la cible biologique est la même.

Une méta-analyse parue en 2024 dans le Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, regroupant 29 études dont 16 essais randomisés, donne à un an 94,2 % d’occlusion pour le laser endoveineux et 93,1 % pour la radiofréquence. Les événements thrombotiques à un mois s’élèvent à 0,87 % et 0,78 % respectivement.

Pour les ultrasons focalisés, l’étude pivotale VEINRESET a suivi 70 patients dans quatre centres, aux États-Unis, en Autriche et en République tchèque, et rapporte 96,8 % de fermeture complète à douze mois, avec un intervalle de confiance à 95 % de 88,3 % à 99,2 %, ainsi que 98,5 % d’abolition du reflux. Une publication de 2024 portant sur 188 membres relevait, elle, 98,3 % de rétraction ou fermeture du segment cible à douze mois.

Ces valeurs se recouvrent largement. Le mécanisme biologique étant identique, c’est un résultat attendu, et il explique pourquoi le choix d’une technique ne se joue pas sur ces pourcentages.

Pourquoi une veine traitée peut se rouvrir

La fermeture n’est pas toujours définitive, et comprendre pourquoi aide à interpréter les chiffres de suivi.

Deux phénomènes sont en cause. La recanalisation désigne la réouverture partielle du vaisseau traité, quand la dénaturation du collagène n’a pas concerné toute l’épaisseur de la paroi. La néovascularisation est différente : de nouveaux petits vaisseaux se forment au voisinage de la zone traitée, souvent près de la jonction avec le réseau profond.

C’est ce qui explique l’importance d’un point technique rarement expliqué aux patients : la dénaturation doit atteindre toute l’épaisseur de la paroi, pas seulement sa couche interne. Une analyse histopathologique publiée en 2024 dans la revue Phlebology a examiné des parois veineuses après traitement par ultrasons focalisés, précisément pour documenter la profondeur de l’effet obtenu.

Le suivi échographique sert à cela. Un contrôle à un mois vérifie la fermeture initiale, puis les contrôles à trois et six mois suivent la transformation du vaisseau en cordon fibreux. Une veine qui reste fermée à six mois a de fortes chances de le rester.

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Un dernier facteur pèse lourd et ne dépend d’aucune technique : la maladie veineuse est évolutive. Fermer une veine incompétente ne supprime pas la prédisposition qui l’a rendue incompétente. D’autres veines peuvent devenir refluantes avec le temps, ce qui n’est pas un échec du traitement initial mais l’évolution naturelle de la pathologie. La compression et l’activité physique gardent donc leur place après le geste, quelle que soit la méthode employée.

Ce que vous ressentez pendant que cela se produit

La dénaturation du collagène est un phénomène invisible et indolore en soi. Ce qui se ressent, c’est le geste qui apporte la chaleur.

Pour les techniques endoveineuses, l’inconfort principal vient de l’anesthésie tumescente elle-même, avant le traitement. Les suites associent typiquement un tiraillement le long du trajet veineux, des ecchymoses et parfois un cordon induré pendant quelques semaines.

Pour les ultrasons focalisés, une étude dédiée publiée en 2025 dans la revue Phlebology et portant sur 262 jambes rapporte un score de douleur moyen de 1,03 sur 10, avec un écart type de 1,27. Les auteurs décrivent une procédure quasiment indolore. Ce score est obtenu avec une anesthésie locale périveineuse à faible volume, sans tumescence ni anesthésie générale.

Une compression élastique de 24 mmHg pendant une semaine est décrite dans la cohorte italienne de référence, une pratique qui varie selon les centres.

Comprendre le mécanisme ne remplace pas un avis médical. Le diamètre de votre veine, son trajet et sa profondeur sous la peau déterminent quelles techniques sont réalisables sur votre anatomie. Seul un écho-Doppler réalisé par un médecin vasculaire permet d’établir cette cartographie.

Sources

  • Société européenne de chirurgie vasculaire, Recommandations de pratique clinique sur la maladie veineuse chronique des membres inférieurs, 2022
  • Cochrane Database of Systematic Reviews, Interventions for great saphenous vein incompetence, 2021
  • Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, Endovenous radiofrequency ablation vs laser ablation in patients with lower extremity varicose veins, 2024
  • Phlebology, High intensity focused ultrasound in treating great saphenous vein incompetence: perioperative and 1-year outcomes, 2024
  • Phlebology, Comparing anesthesia protocols in High Intensity Focused Ultrasound treatments: the HIFU-pain study, 2025
  • International Journal of Hyperthermia, Vein wall shrinkage induced by thermal coagulation with high-intensity-focused ultrasound, 2020

Auteur/autrice

  • https://www.google.com/search?kgmid=/g/11xtprjvrh

    Son livre : https://play.google.com/store/books/details/Antoine_Di_Amarada_Meta_analysis_The_Health_Benefi?id=drFbEQAAQBAJ

    Linkedin : https://www.linkedin.com/in/antoine-di-amarada-a935a9365/
    Contact : antoinediamarada@centre-imagerie-medicale-galilee.fr

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